La Barkley rempile ce week-end

Barkley Marathons au pluriel : 100 miles en dehors des sentiers battus

La Barkley est considérée comme le plus dur des 100 miles américain. En 2012, elle a lieu ce week-end. Seuls 35 participants sont autorisés à tenter l’expérience. La barrière horaire est fixée à 60 heures pour les 100 miles. Accessible? Pas tant que ça apparemment. Car seuls dix participants ont réussi à terminer depuis la création de cette épreuve, il y a plus de 25 ans.

Cette épreuve consiste en 5 boucles de 20 miles au départ de Frozen Head ( Tennessee),  avec peu d’assistance (seul deux points d’eau) sur des sentiers inexistants mais escarpés et taillés sur mesure pour des bêtes sauvages. Ajoutez-y une navigation difficile et hasardeuse, la nuit, des bouquins cachés le long du parcours et dont il faut arracher la page correspondant à son dossard pour prouver son passage à tel endroit (encore faut-il les trouver, ces livres parfois fourrés dans les endroits les plus impromptus, par exemple dans la tanière d’un serpent si mes souvenirs sont bons). Le tracé change chaque année mais les composantes restent identiques, avec environ 8000 m de d+.

Cette idée saugrenue est venue à l’idée des organisateurs lorsqu’un jour, un prisonnier s’échappe de la prison de Frozen Head et ne réussit à parcourir que 8 miles en 55 heures  avant d’être rattrapé par la police.  L’organisateur se dit alors qu’en autant de temps, il aurait lui parcouru au moins 100 miles…

Je ne suis pas un grand fan des courses dites à obstacles, ni des passages de type paracommando dans les trails (cordes et compagnie). Par contre, lorsque les obstacles sont naturels et non contournables, ça me dérange moins. peut-être depuis le Tour du Diable, cette fameuse sortie dans les Ardennes, où il s’en est fallu de peu pour que le rapport enjambement-contorsion/course à pied penche en faveur du premier. L’Ultra techni-trail de Tiranges me plairait bien, dans le genre mini-barkley-à-l’européenne (sans le côté foufou et bonne franquette US hélas)…

Les points forts

- Droit d’inscription de 1,60 USD. Autant dire que si on voyage dans la soute d’un cargo pendant deux semaines pour rejoindre les États-Unis, puis dans la remorque d’un truck jusqu’au point de départ situé dans le fin fond du Tennessee, c’est presque gratuit (les Célestes restent cependant imbattables avec leur Moulinette Céleste : 100 km à 0 EUR).

- Organisée par un weirdo qui sonne la corne de brume quand bon lui chante pour avertir les coureurs d’un départ imminent (et souvent en pleine nuit)

- Une course remportée par des types qui sortent souvent de nulle part. In 2011, Brett Maune a remporté la course en 57:13 (on parle en heures, hein). Seul à son palmarés: le record du John Muir trail .

À lire

- À n’en pas douter, bientôt un nouveau compte-rendu de Wouter, qui y sera encore cette année (DNF en 2011 et dire que le gars est vraiment taillé pour ce genre d’aventure).

The Immortal Horizon, un article de Leslie Jamison, un récit sur Metropulse ou encore . Ces récits sont toujours des tartines. On dirait que la Barkley marque profondément les esprits.

À écouter

NOTORIOUS, un reportage audio (en anglais, http://bcove.me/7pf8jilb)

À voir

Découvert il y a quelques jours via Trail Plodder, un projet de documentaire sur la mythique Barkley (site officiel) : The Barkley Marathons – The Trail That Eats its Young (http://www.kickstarter.com/projects/684009223/the-barkley-marathons-the-trail-that-eats-its-youn)

Photos de la Barkley en 1997: organisation à la bonne franquette, avec des types accoutrés comme des braconniers: ça change des zozos équipés comme pour un Tor des Géants quelle que soit la distance. Et bien souvent sur des trails avec moult ravitos et un kilométrage pas si effrayant.

Ou encore ces clichés brumeux assez mystérieux.

Crédit photo: Matt Mahoney

Passer sous une prison dans un tunnel inondé: check. Crédit photo: Matt Mahoney

Gary Cantrell, l'esprit mal tourné derrière la Barkley (credit photo: David Luttrell)

About these ads

9 réflexions sur “La Barkley rempile ce week-end

  1. Super article, j’adore cet ultra. Le petit plus serait que une grande vedette de l’utra vienne un jour relever le challenge.

    Michaël.

    • Encore faut-il que l’organisateur accepte une "vedette" sur sa course"! Comme le faut remarquer Nis, il y avait quand même un vainqueur de la Hardrock au départ cette année, et il termine 2e, derrière Brett Maune, qui remporte l’épreuve deux années d’affilée : ça risque de corser les éditions suivantes!

    • L’édition spéciale 50 miles/80 bornes me tentait bien. J’espère qu’il y aura une prochaine édition. Car pour l’édition "classique", ce n’est pas évident de prendre la décision de descendre pour "si peu" de kilomètres quand même…

    • Tu avais presque vu juste!
      Brett Maune : 52:03:08,
      Jared Campbell 56:00:15,
      John Fegyveresi 59:41:21

      Trois finalistes ;) ? C’est du jamais vu !

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s