Night Trail [20,6 km, 320 m D+] @ Frameries, 23/04/2011

Distance : 20,6 km

Dénivelé : 320 m D+, répartis sur 3 terrils principalement (Crachet, Héribus, et Titan du Levant)

Site officiel : Madres asbl

Classement et résultat: 3h10min56 sec et bon dernier des quelque 450 coureurs et marcheurs, toutes distances confondues (dernier ou presque, car il convient de rendre hommage à Fred, le serre-file officiel, sans dossard et n’apparaissant pas dans le classement!).

Pour une description plus chronologique du parcours, je vous conseille de relire ce billet, publié avant le trail. En résumé, le parcours emprunte des chemins de terre pour relier trois terrils aux pentes abruptes et caillouteuses. Parfait pour préparer la Bouillonnante ! Des terrils à parcourir jusqu’à l’épuisement.

Puisque la description détaillée du parcours se trouve ailleurs sur ce blog, je me contenterai donc de décrire cette course de l’intérieur : un trail à trois allures, avec trois ambiances bien différentes. En fin de compte, j’ai en effet couru trois courses très différentes en une seule et ça fait aussi partie de la richesse du trail, même sur une courte distance.

C’est donc parti pour une nouvelle fournée de phrases à rallonge, à la ponctuation dense et confuse. Mais je bouillonne* déjà. Ceci explique cela. Cette version n’est donc que le premier jet d’une version plus étoffée qui verra peut-être le jour.

ALLURE 1 : Le Crachet et le meneur d’allure

Une fois n’est pas coutume, je pars de l’arrière du peloton, avec mon oncle qui s’élance sur le 6 km, à tâtons, ne sachant pas exactement sur quoi il va tomber. J’ai l’impression que c’est le cas de nombreux concurrents. Mêmes certains autochtones seront surpris par le parcours proposé. Il est vrai qu’on ne pense pas tous les jours à grimper sur ces terrils pourtant si proches. Ce trail sera l’occasion pour nombre de concurrents, marcheurs ou joggeurs, de découvrir une course nature, où le chronomètre n’a qu’une importance secondaire.

Le peloton avance. Après quelques centaines de mètres, je croise mes parents et Pilpoula (alias le fan-club) qui découvriront également ce terril, mais en marchant. Décidément, tout le monde est à la recherche de sensations.

Je joue donc mon rôle de meneur d’allure dans un premier temps, encourageant mon acolyte à accélérer avant d’atteindre le terril, car je suis certain que nous sommes précédés par des coureurs moins rapides dans l’ascension. Arrivé au sommet, ayant préféré éviter la corde bondée, je trottine et discute quelques secondes avec Dimitri qui a jugé le scartch (private joke… Comprenne qui peut) au sommet du premier terril.  Place à la descente, déjà, que je dévale à tombeau ouvert, évitant la chute à deux reprises avec une agilité de chamois que je dois à mes lentilles fraîchement posées et sans lesquelles j’aurais terminé empalés sur l’un ou l’autre arbuste longeant la descente, avant d’être ralenti (et tant mieux) par un groupe de trailers du 20 bornes plus prudents que moi. J’attends une nouvelle fois mon oncle et l’encourage à augmenter le rythme, car il vient  de franchir la seule difficulté du petit parcours. Il terminera 10e au classement, une belle performance pour lui. Et  je repars de plus belle sur ce parcours que je connais par coeur.

ALLURE  2 : L’Héribus et la remontée

Je décide donc que l’échauffement est terminé. En préparation du GR73, j’avais initialement prévu une séance d’entrainement de 1h45 dont 3×15 min de seuil ou plus si affinités, puis la course s’est ajoutée au programme. Donc, sachant que la liaison entre les deux terrils est propice à une accélération, je commence à dépasser les coureurs à un rythme effréné, légèrement en sur-régime, en tout cas supérieur à l’allure que je tiendrais sur cette distance en temps normal. Dépasser autant de monde m’arrive rarement en course. C’est l’occasion de saluer quelques têtes connues et de me renseigner sur les agendas de chacun. Mais aucun d’eux n’est au courant du vil dessein qui m’anime et qui se retournera d’ailleurs contre moi : atteindre ce fameux ravito festif, apéro nocturne, qu’on l’appelle comme on voudra le plus vite possible, m’y reposer et me délecter des nectars proposés.

Après l’Héribus, où nous emprunteront un tronçon du parcours VTT de la Wallonia Cup, et la Malogne,  grosse butte  en craie qui surplombe des anciennes carrières souterraines, le ravitaillement tant imaginé fait son apparition et là, c’est le choc. Je suis accueilli par deux mineurs grimés et leur souffre-douleur qui s’active à la découpe de fruits frais : brasero, casque de chantier sur le crâne, foulard autour du cou et alcool locaux sur les tréteaux, ainsi que de quoi accompagner goulûment ces liqueurs. Le décor est planté. Tout est fait pour qu’on y reste au moins un peu.

J’y reste un bon moment (voir le tableau des allure en fin d’article…), car l’endroit est convivial. On y déguste le Petit Madres, mélange alcoolisé fait maison à la recette bien gardée, en discutant avec Vincent ou ses deux collègues, encourageant  les coureurs. Tantôt je découpe  une banane, tantôt je refais le plein de boisson énergétique, je discute avec les trailers à propos d’osmolorité ou encore des bienfaits d’une petite dose d’alcool  à seulement 7 km de l’arrivée.

Mais cet interlude plus long que prévu se termine brusquement : à mon grand regret, Fred, le balai officiel, fait déjà son apparition avec le dernier couple de coureurs. Ils avancent à allure de ministre, mais en conservant un rythme constant. Un trail de reprise abordé prudemment.

ALLURE 3 : Le Titan et le serre-file

J’emboite donc le pas de Fred et du couple à l’allure de cent-bornards. En fait, le temps de saluer mes comparses, ils ont déjà disparu dans la nuit noire et le trail nocturne prend toute sa dimension. J’ai rarement l’occasion de parcourir ces campagnes de nuit finalement et j’en profite.

Je salue au passage les signaleurs que j’ai déposés juste avant la course au pied du Titan du Levant. Ils ne s’attendaient pas à voir encore un coureur derrière le coureur balai.

Au sommet du Levant par ce sentier tortueux, la nuit noire est subitement éclairée par les lumières des villes qui forment le tissu urbain des alentours de Frameries. Deux frontales cherchent leur chemin. Pas très difficile à trouver, le balisage est évident, pourtant ces deux trailers un peu hagards ont réussi à se perdre et à grimper deux fois le terril. Je décide de les accompagner dans la descente pour leur indiquer le bon chemin. Finalement, leur erreur d’orientation était certainement due à la fatigue. Ils repartent dans la nuit, mais pas pour bien longtemps.

En effet, quelques hectomètres plus loin, les deux énergumènes réapparaissent. Leur allure a baissé, l’un semble blessé, mais insiste pour terminer en marchant. Ce sera donc l’occasion d’apprécier le silence et la marche.Au fur et à mesure, nous déchargeons les derniers bénévoles de leur fonction. Le rythme s’est apaisé,  le bruit de nos pas semble assourdi.

Nous franchissons enfin la ligne d’arrivée. Pour orienter les trailers trop rapides ou trop épuisés, Stany est toujours fidèle à son poste d’aiguilleurs qu’il aura tenu toute la soirée. Il a eu la gentillesse de participer en tant que bénévole à la suite d’une maligne blessure au tendon d’Achille l’empêchant de prendre le départ du NT et de la Bouillonnante. A ce propos, en ma modeste qualité de consultant, j’ai pu ressentir toute l’agitation autour de ce trail et témoigner de tous les efforts fournis par l’ensemble de l’équipe à Jean-François Ghem, président de l’asbl Madres. Un sacré boulot. On se dit alors qu’il faut être sacrément passionné et philanthrope pour mettre sur pied une course à laquelle on ne peut même pas prendre le départ. Et cela donne au final un trail qui a plus à toutes et à tous, quel que soit le niveau ou l’expérience.

Mes parents et Pilpoula ont attendu interminablement mon arrivée,  et c’est à ce genre de détails qu’on reconnaît une assemblée passionnée. Un fan-club qui a fait ses preuves une fois de plus.

Ensuite, place à la récupération active à base de Petit Madres et de Poiregnac.

Une image qui se passe de commentaires…

Résultats

Les résultats sont disponibles sur le site de Madres ou en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://madresasbl.be/images/nighttrail/resultatntf2011.pdf

Photos

Des photos ne devraient pas tarder à apparaître sur le site de Madres. Si vous en avez pris pendant la course, n’hésitez pas à poster le lien dans les commentaires !

Parcours et cartes

Openrunner : http://www.openrunner.com/index.php?id=937698

Wikiloc : http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=1649695

Garmin Connect : http://connect.garmin.com/activity/81172397

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5 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. david dit :

    ton compte rendu fait envie, j’aurais bien aimé participer à cette course …
    mais d’autres objectifs m’attendent !
    bon courage pour la bouillonnante .

    1. Cédric dit :

      Salut David,
      Un parcours vraiment chouette effectivement. A force d’y courir, je ne me rends plus compte que ces terrils ne sont pas si courants.
      Si ça te dit de refaire le parcours ou une variante un de ces quatre, n’hésite pas à me faire signe!
      cdr.

  2. Cowmic!!! dit :

    Salut Cédric, me suis permis d’utiliser ce compte rendu dans ma promo du Night Trail 2012, histoire de donner envie encore plus 😉

    1. Cédric dit :

      Pas de soucis! C’est fait pour être utile et utilisé!

      On se verra certainement à LLN mercredi!

      CDR

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