Grand Raid 73 [73 km – 5500 m D+] @ Cruet, Savoie, 21 mai 2011

D’entrée de jeu, dans la salle des fêtes de Cruet, lors du retrait du dossard pour le Grand Raid septante-trois, nous affirmons malgré nous notre belgitude. Le ton est donné, nous venons de loin et malgré la circonférence impressionnante des mollets et des cuisses des autres participants, notre motivation d’aller au bout est grande, en ayant même un vague objectif chronométrique (13h? 13h30?).

Au pied de l’église, des concurrents ont installé leur tente. Il n’en faudra pas davantage pour qu’on se décide à planter aussi nos sardines ici, à deux foulées du départ. Permettre aux concurrents de loger sur place est une belle initiative de la part des organisateurs. Nous pourrons même y passer la nuit  du samedi au dimanche avant de reprendre la route, fourbus mais heureux d’avoir parcouru ces 73 km et 5500 de dénivelé positif dans le cadre montagnard du massif des Bauges.

A peine le temps de fermer l’oeil que nous somme déjà dans la première montée, vers la Roche du Guet. Encore endormi, le peloton est redevenu silencieux après avoir rendu un retentissant hommage à Werner Schweizer sur la ligne de départ. Le son des bâtons remplace pour un temps les bavardages typiques d’un début de course. Certains narrent leurs gloires passées, comme pour se rassurer, pour justifier leur présence, à 5 h du matin, sur des sentiers escarpés. La course n’a pas encore commencé. Tous grimpent au même rythme, plutôt tranquille sur ce sentier en lacets sans difficulté, mais parfois pentu.

Au sommet, un éblouissant contre-jour nous déstabilise un peu, d’ailleurs les pierres sont glissantes, les descentes abruptes et recouvertes de feuilles mortes presque compostées. C’est l’occasion de constater que la moindre approximation dans la pose du pied peut-être avoir un fâcheux résultat. Il ne reste qu’à trouver le savant mélange de prudence et de témérité qui fait le succès d’une descente rapide et efficace. Cette journée sera d’ailleurs très didactique, de bout en bout.

Dans la descente, je rejoins François Camoin, l’organisateur de l’Ultra tour du Beaufortain avec qui j’avais fait connaissance quelques minutes plus tôt, et j’en profite pour potasser ma technique du planté du bâton. Où? Quand? Fréquence? Je préfère décidément m’en passer en descente, car ils me déséquilibrent plus qu’ils soulagent mes quadriceps. Cette descente est caillouteuse et glissante et raide et voilà une corde. Diable, j’espère que les difficultés vont un peu se diluer, car j’ai l’impression de ne pas avancer. Même si je me débrouille assez bien, je n’ai pas les qualités de pied d’un Savoyard

Le ton est donné : la raideur des descentes fait que j’y suis plus lent que sur les parties à horizontalité plus marquée (et ces dernières sont rares). Il faut dire aussi que sur ces parties, les autres concurrents semblent à l’arrêt. Je suis un coureur avant tout, donc je cours là où d’autres semblent peiner. Je pourrai courir sur ces rares parties planes jusqu’au dernier kilomètre, preuve que l’entrainement a été bien assimilé et que le mental a été bien dressé

Déjà, le premier ravitaillement du lac de la Thuile. Déjà, après 3h25 pour 20 km. Aucune idée du dénivelé parcouru, mais je suis très content d’être là, d’être arrivé jusque là, car ce trail initiatique est à la fois beau et costaud. Même si je n’apprécie pas forcément la difficulté pour la difficulté (et à ce moment, là, je n’ai pas encore abordé la boucle du Colombier), ces belles grimpettes et ces sentes de sangliers nous font découvrir des passages presque secrets et c’est fort appréciable.

Le seul bémol est à mon sens les ravitaillements assez frugaux pour une épreuve de longue durée. Comme la désorganisation lors de mon arrivée au premier ravito, avec une table presque vide, sur laquelle quelques biscuits secs trempent dans l’eau… Mais les bénévoles ont rapidement corrigé le tir, il suffisait d’attendre 5 minutes de plus! La soupe du ravito juste avant le Colombier était en tout cas la bienvenue, même sous la canicule. Par contre, la soupe du Mont Pelat était assez créative, parait-il…

Alors que je m’apprête à repartir, je vois débouler Christophe. Je ne pensais pas le revoir de sitôt et nous repartons du ravito ensemble, dans les temps, semble-t-il pour faire un temps honorable, même si on n’a plus les temps de passage en tête. Qu’à cela ne tienne, chacun fera de son mieux pour arriver le plus vite possible à Cruet. Christophe descend à vive allure, je lui emboîte le pas. Alors que les descentes avaient été négociées avec une extrême prudence jusqu’ici, j’ai un déclic et je me penche à nouveau vers l’avant. Allons-y gaiement. Si je peux facilement reprendre le temps perdu dans mes lentes progressions ascendantes, c’est bien ici.

Nous sommes en route vers la Galoppaz. Je ne connais pas la géograhie de la région, ma description est imprécise, j’écoute les habitués qui décrivent notre cheminement en citant le moindre lieu-dit. Moi, j’avance sur les yeux ouverts.

Il nous suffit de franchir une énorme bosse, aux pentes raides et interminables qui impressionneront pas mal de coureurs. Le parcours prend soudain des allures d’Ardenne belge ou d’Ardennes françaises. La rassemblance est assez frappante, surtout au niveau des passages sur les crêtes boisées. On se retrouve un peu comme sur une Bouillonnante au carré ou un Ardennes Mega Trail gonflé à l’azote. On comprend aussi mieux pourquoi Michel Verhaeghe termine 3e ici en 2010.

C’est très raide et je dépasse quelques concurrents en difficulté, j’avance vite et je me pose à nouveau des questions sur cette allure hypothétiquement trop rapide. Fougueux, je n’ai pas peur de me brûler les ailes et je pousse sur mes bâtons.

La Galoppaz fait son apparition, toute herbeuse, la crête me fait sourire, mais je déchante vite avec la rude descente.

Au ravito du 43e km, après 7h40 de course (premier record battu de la journée, mais plus longue course étant de 7h30 environ pour Olne-Spa-Olne ou l’UTMM), la soupe chaude fait pas mal d’adeptes, malgré la chaleur étouffante. De nombreux concurrents plutôt frais parlent d’abandon, car ils redoutent le Colombier. De l’avis général, le parcours de cette année est plus costaud que celui de l’édition précédente, car tous semblent arriver plus fatigués que prévu au pied du Colombier.

Je mettrai environ 2h40 entre ce ravito et le Colombier, sommet à l’approche interminable, en sous-bois sinueux, puis sur un sentier de montagne caillouteux et exigeant. C’est dire si je me suis traîné. La descente est du même acabit, mais rapide, car j’ai conservé de bonnes jambes, et j’ai secrètement l’envie de terminer le plus vite possible, tout en ayant aucune idée du temps que je mettrai pour rentrer à Cruet. Rentrer, en effet, car la course est jouée, du moins c’est ce que le profil de la course me laissait penser. Je file à toute allure sur ces sentiers plus faciles d’accès, profitant de ces derniers instants de roue libre.

Soudain la nausée apparaît en bas de ce qui semble être un télésiège. Je ne sais pas où je suis, je constate simplement juste qu’on a semble-t-il échappé à une belle averse. Me faudra-t-il avance pas à pas vers l’arrivée, à ce rythme mental?

 Heureusement que ce ravito n’est qu’à quelques pas. J’avale trois frites froides, je regarde d’un oeil peu convaincu les quatre cuisses de poulet qui gisent , carbonisées, entre deux assiettes de fromage.

L’ambiance est chaleureuse, mais je m’attarde trop, il faut repartir. A ce moment, je pense terminer l’épreuuve en marchant, il reste 13 km, j’aurai fait de mon mieux. Dans la descente qui suit, il m’est impossible de courir, l’estomac est trop douloureux et les jambes restent de marbre. Il faudra donc marcher. Malheureusement, je n’ai plus envie de voir ces beaux paysages, je ne suis pas un randonneur, j’aime avancer vite, et je ne supporte pas de ne pas avancer sur le plat ou les descentes. 300 m de dénivelé, c’est ce qu’il reste selon les bénévoles du dernier ravitaillement. Je demande confirmation aux randonneurs que je croise, qui me regardent avec compassion, tant je dois leur paraitre impatient. Pas épuisé, mais un peu las. Ils m’ont pointé cette difficulté du doigt. « Pas cette première bosse, non, celle juste derrière. »  Un peu plus haute évidemment.
Au fil des pas qui s’enchainent, je suis rejoint par un certain Fred, qui m’aide à me remettre mentalement d’aplomb avant de me distancer dès les premiers mètres d’ascension. La pente est ici beaucoup moins raide et je grimpe sans bâtons. Sans trop m’en rendre compte, la cadence revient, alors que d’autres connaissent de sérieuses défaillances dans la montée. Après un rapide coup d’oeil au chrono et un calcul approximatif, je constate alors qu’il est possible de terminer en moins de 14h, chose inespérée encore quelques kilomètres auparavant. je me lance dans une descente effrénée, je rejoins Fred qui descend comme un chamois et donne le rythme.  Nous revenons sur 3 concurrents, presque à l’arrêt dans cette descente, puis encore un et encore un autre. J’ai les yeux rivés sur l’altimètre, ça descend. Renseignement pris auprès d’un bénévole, Cruet est à une altitude de 340 m environ et nous sommes encore au-dessus de 1000 m. Pas de moment de ralentir. Je ferme les yeux une dernière fois et me voilà aux côtés du speaker qui tente d’obtenir une explication précise sur les raisons de notre déplacement en Savoie, et comment ça se passe en Belgique, et finalement pourquoi tout simplement. En balbutiant, je lui répondrai en substance que je suis content d’être là, tout simplement, pendant que dans ma tête se bousculent toutes les raisons pseudo-existentielles qui nous font dériver vers l’ultra et qui n’auront pas droit de cité en cet instant.

Pour résumer :

  • Première incursion en Savoiepremier trail de montagne et costaud en plus : j’adore les descentes, mais je dois encore m’entraîner à marcher en montagne (courir sur des terrils ne sert pas vraiment) ;
  • Superbe tracé dans le massif des Bauges, principalement sur sentiers de montagne, en sous-bois techniques, sur des crêtes boisées ou exposées et sur des versants très escarpés ;
  • Organisation bien rodée et sympathique, même si les ravitos étaient un peu légers ;
  • L’Opinel à l’arrivée n’est pas une légende.

Résultats

14h01’09 »//41e senior//94e sur 169 classés//5,2 km/h de moyenne

  1. GABIOUD Jules Henri (Sui) 9h25’00 » 7,8 km/h de moyenne
  2. DURAND Bruno 9h47’06
  3. PROST-A-PETIT Pierre 9h54’40 »
  4. EVEQUE-MOUROUX Stephane 10h13’42 »
  5. HAYETINE Alexandre 10h14’49 »

Les classements sont disponibles ici : Résultats_73km_scratch

Cartographie et GPS

Profil de l’édition 2011

Photos

Pour consulter les photos de la course uniquement, voir le billet précédent
Grand Raid 73 [73 km – 5500 m D+]
Voir aussi :
  • Galerie #1

[vimeo http://vimeo.com/24263204]

Analyse

Matériel :

New Balance MT101, sac Ultimate Direction Wasp, bâtons Leki Traveller

  • Après avoir longuement hésité sur le choix des chaussures, j’ai opté pour les New Balance MT101. Je craignais un peu qu’elles ne tiennent pas la route sur une longue distance (ma plus longue sortie avec cette paire était jusqu’alors de 6h30). En outre, je redoutais des sentiers de montagne vraiment trop techniques. Après de nombreuses consultations à gauche et à droite, je me suis convaincu qu’il valait mieux galérer (et ralentir) avec cette paire sur des rochers glissants ou pointus que de me blesser en chaussant les Inov-8 Roclite 320 avec lesquelles je n’ai jamais couru plus de 2 heures, et ça remonte à quelques mois. Je ne suis pas du tout déçu de ma décision, car cette chaussure s’est avérée très efficace, suffisamment protectrice et costaude, même si j’ai eu quelques frayeurs en début de course sur les premières crêtes et les descentes dans les feuilles. Légèreté, excellente accroche, précision et souplesse de la semelle sont ses principaux atouts. Un léger manque de protection contre les pierres est par contre assez fâcheux. En revanche, pour le Beaufortain, je compte chausser les Inov-8 en début de course et passer sur les MT101 à Plan Mya (mi-course, moins montagneux).
  • Deuxième sortie longue avec les bâtons : je pousse comme une brute en début de course et je les porte sur l’épaule comme un trappeur en fin de course. Faudra potasser tout ça, car je m’épuise trop rapidement.
  • Rien à redire au niveau du sac Ultimate Direction Wasp. L’absence de ceinture ventrale est une vraie libération, les poches avant assez volumineuses sont parfaites pour l’usage que j’en fait (pleines à craquer de gels, appareil photo, petites bouteilles d’eau sur les bretelles). Le seul bémol est la poche à eau qui fuit un peu lorsque je tente de mélanger la poudre lors des ravito (c’est-à-dire sans parfaitement la sceller). Mais une fois celle-ci correctement repliée, je n’ai pas constaté de fuite.

Nutrition

  • J’ai grosso modo respecté mon régime alimentaire habituel, en mangeant du thon, des pois et carottes et du riz sauvage la veille de la course. Oeuf dur, compote et amandes comme petit déjeuner. Ensuite, un gel Gu Roctane ou Energy toutes les heures, avec quelques gorgées d’eau (vive la chimie), boisson Nutratletic dans la poche. Rien de solide. Quelques biscuits apéritifs au ravito et une soupe. Trois frites froides pour lutter contre la nausée en fin de course. Je n’ai pas ressenti d’épisode hypoglycémique et je suis satisfait car j’ai réussi à m’alimenter et surtout m’hydrater avec une régularité de métronome, même lors de l’apparition des premières douleurs d’estomac.

Parcours

Distance : 73 km

Dénivelé positif : 5500 m

Sentiers pour 98%, en semi autosuffisance avec 4 postes de ravito solide et 1 point d’eau, dans le Parc Naturel Régional du Massif des Bauges. Points de vue : LA GALOPPAZ, DESCENTE DU COL DE COCHETTE, LE GRAND COLOMBIER, LA SAVOYARDE.

Site officiel :  http://grandraid73.fr/

Profil et pente
En fin de compte, sur le GR73, on marche la plupart du temps
En fin de compte, sur le GR73, on marche la plupart du temps

Fort heureusement, les descentes sont quand même négociées à un rythme plus rapide que les montées

Descente du Colombier (crédit photo: akunamatata)
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13 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Insigma dit :

    Les allures prêtent à sourire pour le coureur lambda de 10kms voire marathon..
    Mais quand on se retrouve aux pieds de ces montagnes, ce n’est plus la même chanson…
    Bravo pour ta perf !

    1. Cédric dit :

      Merci ! En effet, le temps mis pour parcourir un kilomètre n’a que peu d’importance dans ces conditions. Même le vainqueur a une moyenne ridicule comparée à celle d’un 100 km. Mais on en prend plein les mirettes.
      Par contre, j’aime aussi les courses plus rapides, comme celle de ce dimanche, le trail du Passe-Montagne. 35 km et 1000 m de dénivelé cumulé, ça permet de bien s’amuser aussi, et d’aller vite! Fait du bien!

      Bonne fin de préparation pour l’AMT. Je l’inscrirai très certainement à l’agenda 2012 (si je ne craque pas pour Andorre…) !

      1. david dit :

        bravo pour ta course et ton CR ! récupère bien …
        de mon côté j’ai renoncé aux courses très longues en montagne par manque d’environnement propice pour l’entraînement … chaque fois je repartais avec une tendinite au genou ou d’autres merdes ! D’où de sincères félicitations pour un finisher du plat pays !
        a +

      2. Cédric dit :

        Merci encore ! C’est vrai que c’est pas évident de se préparer à la montagne dans nos plates contrées. Même en répétant les côtes éternellement, ce n’est pas pareil. Mais c’est tout à fait possible.
        Pas de blessures pour moi dans ce cas, je croise les doigts pour la suite.

        Bon amusement sur l’ultra marin ! J’ai hâte de libre tes impressions.

  2. vinrouxh dit :

    Waouww quelle course et quel CR. Lorsque l’on regarde le profil et sa couleur marron, on ne peut qu’essayer de s’imaginer sa difficulté. Tu vas plus lentement qu’en Belgique, mais il est impossible d’avoir de tels paysages chez nous. Je pense que le jeu en vaut la chandelle.
    Encore félicitations pour ce trail…

  3. samuel dit :

    salut !

    bravo pour ton récit !
    question plus « technique »: dans tes stats que tu présentes, tu sépares les allures marche, footing, course. Tu te bases sur la vitesse pure (et si oui quelles valeurs prends tu?) ou bien fais une sélection plus poussée (vitesse, d+/h par exemple): par ex 12 km/h en descente ça peut être du footing, alors que 12km/h en montée c’est de la course

    rdv à queige (j’ai fait des randos + sortie dans le coin le we dernier, j’ai hâte !)

    petit_merou

    1. Cédric dit :

      Désolé de te décevoir, mais je me base uniquement sur la vitesse de déplacement. Je ne fais pas de différence, que ce soit en montée, en descente ou sur du plat, je considère toujours (enfin, Sporttracks considère) que la marche correspond à une vitesse inférieure à 6 km/h, footing entre 6 et 10 et course à pied supérieure à 10/12 km/h (à vérifier).

      Ces données sont uniquement fournies à titre indicatif, je ne me base pas sur celles-ci pour planifier ni orienter mon entrainement.
      Faut dire aussi que dans mon plat pays, cela importe peu, car en général tout se court :/

      Je viens de terminer mon we choc en Catalogne : 26 km 1000d+ le samedi et 23 km 2000 d+ et 15 km le dimanche. Endavant!
      On se voit à Queige!

  4. Chauny Romain dit :

    Salut, je travaille sur la nouvelle version du site web du grand raid 73 ! J’aimerai utiliser quelques unes de tes photos avec ton autorisation. Je te laisse mon contacter ? Merci d’avance

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