Trail des Lucioles 2012 [22,3km – 920mD+]

[CR en cours de rédaction, merci pour votre adorable indulgence]

Le Trail des Lucioles de Soiron, organisé par les Coureurs Célestes, est un peu le rendez-vous incontournable du calendrier trail belge. C’est l’occasion de lancer la saison, de revoir des têtes connues après la coupure hivernale, de faire une bonne action envers le Mali, en prenant un dossard toujours aussi bon marché.

Pour résumé, il s’agit d’un très beau trail nocturne, hyper technique et tracé à travers tout ce qui peut rendre la progression difficile (boue, découpes de sapins, hors-piste, ruisseaux, racines glissantes, etc. Montées et descentes à foison, souvent raides. À faire et à refaire.

Ma première participation en 2010, sous la neige, avait été marquée par la fougue caractéristique du trailer novice : j’étais parti trop vite, j’avais géré ma course comme un manche et j’avais terminé dans un état pitoyable, titubant dans le dernier raidillon verglacé, avec une belle hypo et déshydraté. Mais cette déconvenue m’a permis de mieux appréhender la préparation de mon premier 50 km.

En Belgique, Soiron lance officiellement et traditionnellement les hostilités de la saison

Une question de trajectoires

Si le trail est connu pour sa bonne ambiance, on y vient aussi pour son parcours, tout sauf monotone. Si de petites modifications y sont apportées chaque année, les composantes principales restent identiques : des sentiers plutôt techniques, et qui se caractérisent parfois par leur absence. En effet, certaines portions sont hors-pistes ou y ressemblent fortement, d’autres descentes sont tracées à travers de grandes prairies. Des sentes abruptes sillonnent entre les arbres et enjambent des sapins couchés au sol. Des grimpettes raides, rectilignes et glissantes. Des raidillons où il faut choisir entre l’eau qui ruisselle et la boue qui rend les appuis improductifs. Des ruisseaux à enjamber et qui permettent de rincer tout cela. De belles relances où il faut néanmoins garder l’œil.

Le temps passe vite. On ne s’ennuie pas à Soiron.

 Hypnotique rebond de la frontale/Halo aveuglant

(I)

Conformément à mon protocole d’alimentation bien rôdé, je prends la direction de Soiron presque à jeûn. Même si je suis plutôt habitué à courir le ventre vide, sur la route, je prends tout de même la peine de manger deux bananes et quelques galettes encore chaudes, fraîchement préparées par Pilp. Histoire d’éloigner autant que possible le spectre du manque de jus. S’il est tout à fait possible et même bénéfique de courir à jeûn, je le déconseille vivement lors d’une compétition, surtout si comme moi, « courir tranquillement«  ne veut rien dire pour vous.

Les fameuses galettes maison

La recette des galettes

  • 240 g de sucre
  • 240 g de farine
  • 4 oeufs
  • 200 g de beurre
  1. Mélanger le sucre, la farine et les jaunes d’oeufs;
  2. Incorporer les blancs battus en neige;
  3. Ajouter le beurre fondu, pétrir et laisser reposer une nuit avant de cuire les galettes;
  4. Déguster sans modération.

(II)

Sur la ligne de départ, je cherche en vain à retrouver Nis. Il fait pareil, mais comme il me l’a d’ailleurs fait remarquer, je suis trop petit pour qu’on puisse m’apercevoir dans la foule. Ce tassement est certainement un effet secondaire de mon alimentation expérimentale, essentiellement composée de légumes, fruits, poissons et de quelques bières lorsque l’occasion de présente.

Par acquit de conscience, histoire d’être certain de ne pas le retrouver avant le départ,  je me place devant, à deux pas du speaker monté sur une échelle pour haranguer la foule. Une fois le Céleste descendu de son perchoir, le départ est donné sans retard, et le peloton s’élance comme pour un semi-marathon. Les quelques badauds, supporters et marcheurs présents dans les rues de Soiron nous encouragent sans voir nos visages.

(II)

Un coureur trapu et muni de bâtons est à la peine dans la première bosse.  Il regarde à gauche et à droite, mais personne ne semble marcher. Il n’ose pas déployer ses bâtons. Donc, il poursuit son effort, dans le rouge, comme la plupart d’entre nous. Mais la distance autorise bien un petite prise de risque. Je ralentirais bien aussi, car je ne me sens pas très à l’aise sur ce bitume, mais puisqu’on est lancé, autant continuer sur ce rythme.

(III)

Après environ 4 km, une première descente à travers une prairie nous emmène vers la première longue montée constante sur un chemin forestier qui débute par le passage près d’un château. Quelques fous furieux nous dépassent à une allure impressionnante. Deux cas de figure sont alors possible: soit nous avons affaire à des cadors qui se lancent à la poursuite de la tête de course, soit ce sont des kamikazes qui partent à l’assaut du relief local la fleur au fusil. Évidemment, il s’agissait de la deuxième solution. Je les rattraperai dans le dernier raidillon, presque à l’arrêt, scotchés à la paroi et pestant contre ce dernier obstacle. Le trail, c’est finalement un savant mélange de modestie et de connaissance de soi.

(IV)

Les hostilités sont lancées. Le parcours devient vraiment ludique. De belles grimpettes le pieds dans l’eau, une succession de descentes où la vigilance est de mise, surtout pour ceux qui apprécient la vitesse. Pour plus de détails, consultez le paragraphe sur la description générale du parcours ou le compte-rendu de Christophe.

Je tiens toutefois à préciser que malgré la technicité, cela reste du trail, une épreuve de course à pied et non un parcours d’obstacles.

(V)

Le fameux raidillon, incontournable d’année en année : 122 m de dénivelé sur 600 m. Soit une pente d’un peu plus 20%.

Ce qu’il y a d’amusant sur ces parcours aux côtes courtes mais difficiles, c’est qu’il est possible de les faire au maximum de ses capacités, car on retrouvera bien vite une partie en descente ou une portion de relance permettant de récupérer. Mode European Ugly Hiking. Sur le haut du raidillon, un bénévole (?) nous annonce qu’il ne reste plus que 150 m. Dans les Alpes, c’est pareil, tu trouves toujours quelqu’un pour te rassurer et te dire qu’il ne reste plus rien. Sauf qu’en général, si on annonce 150m, ce n’est pas de la distance mais du d+… J’en plaisante un peu, mais personne ne semble vraiment comprendre de quoi je parle. On se croirait à Cruet en septante-trois.

J’offre un peu d’eau au concurrent qui me précède, car je décèle un pas titubant et remarque qu’il est parti sans rien emporter sur lui. A ma grande surprise, je suis pris de crampes aux deux mollets dans la descente, mais cela ne m’empêche pas dérouler. Après quelques centaines de mètres, c’est de l’histoire ancienne.

(Vivement Bouillon, le GTLC et l’AMT!)

A quelques kilomètres de l’arrivée, c’est le black-out total. Ma frontale s’éteint d’un coup sans prévenir. Je pense toute de suite que les piles sont épuisées et qu’il faut que je les change. Mais je n’ai pas vraiment le courage et puis, j’aperçois des randonneurs au loin. Je peux naviguer à travers la prairie sans trop de mal

Il m’aurait suffi de vérifier l’interrupteur de la frontale sur le pack batterie déporté pour m’apercevoir qu’il me restait encore de l’autonomie. Et que j’avais éteint frontale par inadvertance…

Trop tard, je suis déjà pris en chasse par le halo d’un concurrent qui progresse plus vite que moi dans l’obscurité. Une bête traquée qui donne tout pour ne pas se faire dépasser dans les derniers mètres. Je constaterai à l’arrivée que le mystérieux poursuivant est en fait Christophe Traina, un traileur chevronné et blogueur émérite lui-aussi.

Le trail des Lucioles est une course qui ne décevra pas l’amateur de sentiers ardennais difficiles.

Fiche technique

Matos

Comme d’habitude en conditions boueuses, les inov8 roclite 295 font leur boulot. De plus, la semelle offrent une bonne protection contre les cailloux, ce qui n’est pas un luxe sur un trail nocturne aussi technique, lorsqu’on souhaite aller vite en descente.

Pour cette course, j’ai aussi personnalisé ma frontale surpuissante Fenix HP10 et réduire l’éblouissement. Mon bricolage à base de feuille de carton noir et gaffer a fonctionné à merveille. Pour ceux qui possèdent ce modèle et ont le même souci lorsqu’ils utilisent le diffuseur, il peut en effet être utile de simuler le port d’une casquette sous la frontale. Des images du montage suivront.

Ailleurs

  • Pour un autre récit, je vous conseille le blog de Christophe Traina, qui a eu la décence de ne pas me dépasser dans les derniers mètres et en a profité pour relire ses notes 🙂
  • Vinrouxh a marché ce trail pour la première fois. Explications sur son blog.

Cartographie et GPS

Profil de l’édition 2012 : environ 900 m d+

Photos

Si vous y avez participé, n’hésitez pas à réagir dans les commentaires!

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7 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. vinrouxh dit :

    On ne sait pas vu, mais c’est vrai que je n’étais pas certain de venir.
    Tu as assuré ta course… félicitation pour ton temps. Il faut dire que le parcours était super, mais terrible et la boue n’a rien arrangé.
    Je m’étonne toujours qu’il n’y ait pas eu de blessé, voyant le terrain. Je trouvais les descentes glissantes et dangereuses.
    C’était pour 1e trail nocturne… et, j’ai vraiment adoré. Je trouve que l’on perd ses repères de temps et de distances.
    Perso, j’ai fait la course en mode marche. Certaines mauvaises langues pensaient que j’y passerais la nuit, mais j’ai terminé en 3h36. Je suis content, mais j’ai mal géré mon alimentation et j’ai eu des crampes.
    Au final, j’ai passé un super moment dans une région qui offre pas mal de surprises.
    Au plaisir de te rencontrer sur un prochain trail. Le suivant, c’est quoi ?

    PS : Mon CR sera en ligne, ce soir 😉

    1. Cédric dit :

      J’ai un peu cherché des têtes connues avant le départ, mais sans grand succès. J’ai même réussi à perdre mon coéquipier de choc… 😦

      Etonnant en effet qu’il n’y ait jamais de blessé grave. Les descentes sont assez impressionnantes de technicité en effet. Perso, j’adore!
      Le fait de courir de nuit est totalement différent. C’est plutôt hypnotique. La lueur de la frontale ne permet pas vraiment de donner du relief aux choses.

      Le trail suivant, c’est le Trail des Bosses à Hennuyères. Je pars sur l’épreuve pilote, un 65 km réservé à une trentaine de coureurs.

      Au plaisir de te lire!

  2. christophe dit :

    Bonjour Cédric,

    je ne savais pas que c’était toi juste devant moi, d’un autre côté difficile de se faire une idée dans l’obscurité qui plus avec une vue dorsale. Comme nous courrons plus ou moins à la même cadence, nous aurons certainement l’occasion de partager des bouts de chemins ensemble, peut-être à la Bouillonante ?. Concernant les notes effectivement cela reste un mystère …. 😉

    1. Cédric dit :

      Salut Christophe!
      Ahah, je n’insisterai pas pour obtenir les notes dans ce cas.

      Pas évident de reconnaître qui que ce soit sur cette course en effet. De plus, même si je connaissais bien ton visage, ce n’est peut-être pas réciproque. Mais on aura certainement l’occasion de se recroiser prochainement, notamment à la Bouillonnante.

      Merci aussi de m’avoir fait découvrir le plugin Course Score pour Sporttracks via ton dernier billet!
      à+

  3. Romain dit :

    Connaissant Christophe, il n’a pas relu ses notes mais sorti son dossard de sa poche.

  4. Yf dit :

    Bonjour,

    Un peu novice en la matière, j’ai quelques questions pour les plus avertis 😉 …
    – Lorsque l’on parle d’un parcours de 22km, s’agit-il de la distance effective, tenant compte des pentes ou bien d’une distance rapportée à l’horizontale (c-à-d: vue du ciel?)
    – En sous question à la précédente, quelle idée doit-on se faire lorsque l’on annonce un dénivelé de +/- 1000m pour le parcours? Cela n’indique en rien le nombre de côtes etc (donc pas tjs très représentatif de l’effort… même si cela donne un bon indice de la difficulté à affronter)
    – Lorsque l’on voit que la pente la plus raide est de 20%, qu’elle idée plus visuelle en degré cela représent-t-il? 45° = 100% (100m à l’horizontal pour 100m à la vertical) donc notre côte ne serait qu’une côtelette 😉 d’une dizaine de degrés?

    Merci pour les réponses et félicitations pour l’organisation

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