Trail des Bosses [65 km 900 d+] @ Hennuyères, février 2012

J’ai participé aux deux premières éditions du Trail des Bosses, en 2010 et 2011 et j’y reviens donc avec plaisir, car les précédentes éditions avaient réussi à combler mes attentes hivernales. Surtout lorsque j’apprends via Nis qu’un trail de 65 km est organisé en 2012 et que les organisateurs recherchent une vingtaine de coureurs pour tester le parcours. Je me laisse convaincre assez facilement.

L’inscription est gratuite (ce geste en dit long sur l’esprit des organisateurs…) : il nous suffit de remplir un court questionnaire à l’arrivée pour évaluer ce nouveau parcours. Ce qui ne nous empêche pas de verser une contribution au projet humanitaire soutenu par Amstramtrail.

Le parcours du 65 km est constitué d’une boucle d’une vingtaine de kilomètres qui vient se greffer au milieu de la boucle du 45 km, aux environs du pont incliné de Ronquières. Pendant le briefing et avant la photo de groupe, nous recevons une carte topo de la boucle supplémentaire propre au parcours du 65 km, « au cas où » – et elle nous servira!  Une belle initiative de la part des organisateurs, car même si le parcours était initialement balisé dans son entièreté, nul n’est à l’abri d’un bougon.

Première partie : Hennuyères – Ferme Landrifosse

Une photo de groupe et un chrono enclenché immédiatement après. Ce sera hélas une histoire de mecs. Pas une seule fille au départ du 65 km pour nous mettre la pâtée. Tout le monde hésite un peu avant de se lancer d’une foulée lente, certainement à cause du froid et du silence matinal.

Personne devant ni derrière. Après quelques centaines de mètres, le groupe est déjà disloqué. Adieu l’ambiance off. On se retrouve vite dans les derniers avec Nis. Jusqu’à Landrifosse, le parcours est connu, principalement dans le bois et sur des sentiers bosselés avant de tomber sur ce ravito sans foie gras car nous sommes trop tôt (pas grave) ni vin (dommage), juste de l’eau un peu trop froide au goût de certains. Sans nous attarder, nous repartons en direction du pont incliné.

Pas de changements par rapport à 2011, sentiers bosselés et ornières laissées par les VTT sont pétrifiées par le gel. Il faut être prudent dans les descentes, mais sur le plat aussi. Quelques zigzags pour atteindre la station géodésique du Bonhomme de Fer, puis la descente vers le plan incliné, en empruntant une voie ferrée désaffectée entre Ecaussinnes et Ronquières.

Deuxième partie : Pont incliné – Trou de Mon cul.

Juste après le ravitaillement, alors que je terminais une barre au riz soufflé, coincés au beau milieu de ces prairies en forme de vagues, nous naviguions à l’oeil et suivions aveuglément un groupe de traileurs égarés. Ce n’est que la première de leurs nombreuses erreurs de navigation de la journée. Nous arrivons au pied du plan incliné de Ronquières. C’est ici que commence la boucle propre au parcours du 65 km: moins boisé, plus roulante, ce tronçon nous permettra d’avoir de beaux points de vue sur la région.

Nous longerons l’ancien canal, traverserons des villages, emprunterons quelques sentiers bien rustiques et durcis par le gel, traverserons un bois en mode course d’orientation, carte à la main, avant de reprendre le canal en direction de la tour et de retomber sur le tronçon commun aux 25 et 45 qui remonte dans le bois de la Houssière.

Nous grimpons sur le plan incliné sur une partie normalement interdite au public et atteignons le mécanisme coincé dans la glace. Impressionnant, tout comme le canal gelé. Le chemin se poursuit le long du canal Bruxelles-Charleroi. Les quatre concurrents ont pris pas mal d’avance. C’est à ce moment que nous commençons à douter sur le chemin emprunté. Je décide de sortir la carte et à cet instant précis, le concurrent précédent nous appelle car il aperçoit une rubalise en contre-bas.. Il fallait bifurquer dans le talus. Nous crions à notre tour pour avertir les quatre concurrents décidément pas très doués non plus pour s’orienter.

Les écluses défilent: 21, 20 puis 19 avant de bifurquer à Arquennes. Jardinage de 2 minutes avant de retomber sur le parcours. Merci la carte topographique. Nous poursuivons notre chemin en ligne droite, puis dans un bois avant d’emprunter un chemin complètement verglacé sur une centaine de mètres. C’est l’occasion de se ravitailler. Un coureur liégeois armé de bâtons nous rejoint et nous rattrapons les Lillois en longeant un bois à notre droite.

Interlude surprenant

Seconde intuition du jour : cette fois-ci, je sors la carte topo sur-le-champ, pour constater qu’effectivement, nous aurions dû nous enfoncer dans le bois juste avant celle-ci. Retour sur nos pas, un peu de hors-piste et nous retombons sans détour su le chemin d’exploitation forestière. Aucune rubalise dans ce bois, je navigue à la carte, c’est assez jouissif (pas très compliqué non plus…) avec ces courbes de niveau. Je ne connaissais pas du tout ce bois vallonné. Nous sommes tout près de Bornival et donc du ravito du Trou de Mon Cul. Les organisateurs ont apparemment mis un point d’honneur à placer la soupe chaude aux lardons, avec du pain grillé, dans cet endroit au nom chaleureux. Je fais une exception en ne triant pas la viande et les légumes en honneur au bénévole et au cochon.

Troisième partie : Tour Glacée – Hennuyères

Peu après le ravito, je mets les gaz et lâche Nis sans trop le vouloir. Notre rythme raisonnable jusqu’ici m’a permis de conserver de bonnes jambes et je compte bien les mettre à contribution. Les jetons sont insérés, la partie de Pac Mac débute.

Je dépasse d’abord des coureurs du 45 km encore en bonne forme pour certains, moins fringants pour d’autres et lorsque l’occasion se présente, je tente de baragouiner quelques mots en flamand, mais je trouve vite mes limites, surtout lorsque je ne comprends pas ce qu’on me répond et qu’en guise de réponse, je souris béatement.

Le troisième ravito est parfait. Situé le long de l’ancien canal desséché, juste après une berge qui a cédé. Spectaculaire. Tout y est pour faire le bonheur des traileurs : thé chaud, chocolat Oxfam, raisins, des biscuits salés, des galettes de riz fourrées au chocolat, et bien entendu le fameux coca. J’ai une pensée pour Nis qui doit me suivre en apercevant cette bouteille au loin sur la table du ravito, tenu par deux sympathiques bénévoles, un chevelu et un vttiste local si j’en crois sa tenue.

Avec le soleil qui décroit, le sol devient encore plus dur. Aucune différence entre un sentier, une route ou un chemin. C’est surtout notable dans la sablière où nous serpenterons comme chaque année. D’ailleurs, selon une source sûre, cette partie sinueuse où l’on repasse plusieurs fois au même endroit ou presque, est propice aux raccourcis en tout genre. Les court-circuiteurs se reconnaîtront.

On déboula dans une prairie et ça sent l’écurie, tous les concurrents semblent portés par cette énergie propre aux derniers kilomètres d’un ultra (bien géré bien entendu, sinon c’est la galère des dernières heures qui nous attend). Quelques concurrents loupent la dernière pâture et arrivent en sens inverse sous la tente où un véritable buffet apéritif et de la soupe chaude permettent aux coureurs de se revigorer sous la tente chauffée.

Conclusion 

Un très beau trail de début d’année, long mais accessible au niveau de la difficulté, stratégiquement placée dans le calendrier. Un peu un OSO sans les côtes, comme me le soufflait un concurrent sur le parcours. J’ai aussi fait Olne-Spa-Olne et c’est vrai que j’y ai retrouvé quelques ingrédients, dont l’esprit trail.

La  boucle supplémentaire du 65 km apporte de la variété et de la nuance. Même si on longe l’ancien canal pendant un long moment,  les rives sont encore assez sauvages par endroits. Mais ces paysages dégagés offrent une vue d’ensemble imprenable sur la campagne inaccessible lorsqu’on parcourt le bois de la Houssière.

Folklo

Nous prenons notre douche avec un débaliseur et son chien.

After

Un coin de table pour remplir le formulaire d’évaluation du parcours concocté par l’organisation en échange de notre participation gratuite. Bien fatigués, nous ne profitons pas de l’après-course pendant que certains s’éternisent au bar pour fêter les retrouvailles.

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Michael dit :

    On y sera sûrement en 2013 avec mon épouse Shiva la traileuse.
    Super CR comme d’hab et finalement j’aime bien les lire en décalage surtout quand il fait 25°!

    1. Cédric dit :

      Merci, ton commentaire m’a fait sourire : j’ai en effet pensé que ce serait chouette de lire un CR d’une épreuve givrée par cette (première) journée estivale 🙂
      Et surtout, je tente de rattraper mon retard de publication avant l’AMT ce week-end, histoire de rendre tout cela un peu plus chronologique – ou pas.

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