Descendre comme un Népalais

En 2011, un excellent article de Mayayo, sur son blog Carreras de Montañarésumait avec justesse les trois facteurs qui selon lui sont déterminants pour descendre avec élégance et efficacité en trail:

  • rapport poids-puissance
  • technique de descente
  • prise de risque

Voici une adaptation en français de cet article, remis un peu à la sauce locale. Car en effet, l’attitude adoptée est généralement différente qu’il s’agisse d’une descente ardennaise de 200 m ou d’une variante alpine de 2000 m de dénivelé. Ce qui est simple à appliquer sur 5 min l’est moins sur 50 min, voir plus. Les conseils restent pourtant les mêmes. Seul change la durée de l’effort continu.

En effet, un dénivelé ardennais de 2000 m D+ est toujours scindé en X côtes de 200 – 300 m de d+ à la différence des régions de moyenne et haute montagne, où cela peut être mangé en une ou deux bosses. Toutefois, l’enchaînement de côtes raides et courtes, montées à plein régime et de descentes tout aussi sauvages n’est certainement moins compliqué au niveau gestion de l’effort. Mais cela ne nous regarde pas aujourd’hui, car je n’ai pas envie d’ouvrir la boîte de Pandore de la préparation à la montagne pour les coureurs de plaine, mais cela viendra. Ceci dit, une bonne manière de s’entraîner sur des pentes raides et courtes de nuit, c’est de participer au Night Trail de Frameries en mars 2015.

Au passage, notons que j’ai commencé à rédiger le brouillon de cet article au début de l’année 2012. On en déduira facilement la longue période de gestation d’un article tombé dans l’oubli….

RAPPORT POIDS-PUISSANCE

Trouver le bon compromis entre un corps léger, puissant et élégant pour défier la gravité et plaire aux filles.

Haut du corps gainé, avec de bons cuissots, puissants mais pas trop lourds non plus. Car la gravité vient aussi peser dans la balance en descente. Quitte à travailler un peu les quadri et ischios en salle en hiver?

TECHNIQUE DE DESCENTE

ÉQUILIBRE, ET GAINAGE POSE DU PIED À PLAT, BUSTE PENCHÉ VERS L’AVANT.

Une évidence. Courir désarticulé, penché en arrière et en posant ses pieds n’importe comment n’a jamais servi à personne.

PRISE DE RISQUE

C’est ici que ça se joue. Les deux précédents facteurs ne servent à rien si le traileur n’y met pas un peu de bonne volonté. Et inversement, un bonne tête brûlée descendra plus vite qu’un forcené de la technique et du renforcement musculaire. Après, il faut aussi éviter de se fendre le crâne sur un rocher pour termine 568° au lieu de 575°, à plus de 5 heures du premier.

Illustration

Nous sommes en 2012. Kilian Jornet vient de remporter pour la 4e fois le Climbathlon de Kinabalu, dernière épreuve de la coupe du Monde de Skyrunning. Par la même occasion, il décroche un 4e titre de champion du monde. Chez les filles, c’est Emelie Forsberg qui est sacrée championne (voir la news sur le site de l’ISF).

Voilà pour le contexte.

Un an auparavant, sur cette même épreuve, Marco Gasperi alors en tête allait chuter dans la descente finale avant de se faire rejoindre par Kilian.

Un spectateur placé dans la descente finale avait d’ailleurs filmé plusieurs concurrents. L’occasion parfaite pour comparer l’efficacité des techniques de descente des 5 premiers lors de la Skyrunning Supercup 2011 (aller-retour sur le Mont Kinabalu à Borneo (2.500m de dénivelé négatif sur 12km).

Sudip Kulung, le Népalais à la technique impressionnante

C’est sans conteste le coureur le plus rapide dans cette descente finale. Il met près de 45 sec à Kilian, qui a pourtant Marco dans le collimateur.

Gainage parfait, son tronc est immobile et encaisse les chocs sans broncher. Il accepte la pente et la fréquence de ses appuis est très rapide. Bon équilibre poids-puissance au niveau des membres inférieurs et mental d’acier pour encaisser une longue descente de montagne à ce rythme.

Temps officiels de la dernière descente [12,3km/D-2.500m]:

  1. Sudip Kulung 55´57″
  2. Kilian Jornet 56´24″
  3. Marco de Gasperi 59´59″ (chute comprise)

Marco Gasperi, prudent et un peu cuit après sa chute, vs. Kilian Jornet, en prise de risques

Marco a tenté de compenser son manque de vitesse en prenant plus de risques dans la descente, avant de chuter et de se faire rejoindre par Kilian qui, de son côté, prend pas mal de risques dans cette descente. Et cela paiera.

Luis Hernando et Toru Miyahara : tipa tipa classique et plutôt lent

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