Grand Trail des Lacs et Châteaux 2012 [demi-DNF]

Le Grand Trail des Lacs et Chateaux, à l’époque, c’était le seul trail à étapes en Belgique. Un week-end sur les sentiers de la région de Spa, une orga sérieuse et à la bonne franquette avec des gaufres maison au ravito, des parcours en ligne avec logement sur le site d’arrivée. Des conditions idéales pour bien s’amuser et bien en baver pour celles et ceux qui choisissaient de s’élancer sur les plus longs parcours.

En février 2016, je retombe sur un compte-rendu de cette épreuve, encore au stade de brouillon. Et je décide de partager ce récit 4 ans après les faits, pour le clin d’oeil et le souvenir d’une année encore bien chargée en kilomètres.

Bribes d’une compétition sous forme de week-end choc peu banal sous la houlette de Christophe Libin, qui a permis à tous les amateurs de longues distances d’être rassasiés, en plus d’être logés, nourris et blanchis.

DNF

Par le plus grand des hasards, de retour du Grand Trail des Lacs et Châteaux (ultratrail.be), je retombe, aux hasard des internets, sur le compte-rendu de l’Endurance trail 2011 par Bibedy sur feu son blog  ultrawayoflife.

Il y est question d’abandon. Et à ce propos, il cite Denis Riché, nutritionniste et co-fondateur de la revue Sport et Vie :

«[…] qu’on l’accepte ou non, l’idée d’abandonner signe, en elle même, l’échec, car finir à n’importe quel prix, dans n’importe quel état, ne valide pas la préparation accomplie en amont. De plus, se donner comme seul objectif de finir présente deux inconvénients majeurs : d’une part, il autorise à reconduire à l’identique une préparation jugée «bonne», puisqu’elle a permis de terminer, alors qu’elle était mauvaise puisqu’on a vécu l’agonie. Le second est d’exposer à terme, par un cumul d’évènements néfastes, le coureur à de sévères soucis de santé. Car le cerveau a toujours raison et parvient toujours à ses fins, dans notre intérêt.»

Brillante synchronisation. Cette citation est à ranger dans les tiroirs pour plus tard, pour les discussions de vestiaires. « Tu sais, moi, j’étais ici en récupération après mon ultra d’hier/en entrainement pépère/alors que j’étais torché il y a encore quelques heures« , biffer les mentions inutiles le cas échéant.

Je tombe donc à contrecoup sur les arguments qui expliquent mon abandon en aval. J’aurais en effet pu me traîner sans aucun plaisir jusqu’à la ligne d’arrivée, mais je n’étais pas venu pour cela. J’étais venu pour découvrir un maximum de sentiers et de kilomètres et j’ai reçu une dose d’endorphine raisonnable pour accepter de rentrer au bercail dans le confort de ma propre voiture balai (si je m’étais trouvé en pleine montagne, aurai-je terminé? Sans doute.)

Vendredi

Vue sur l’arrière du gîte
  • Avec Christophe, nous arrivons comme d’habitude en tenue de ville au retrait des dossards alors que bon nombre de traileurs semblent être sur le point de prendre un départ imminent. Il faudra un jour qu’on élucide les raisons de cette tendance. Tout le monde trépigne d’impatience dans le hall d’entrée et j’y croise Insigma et sa petite famille.
  • Sans le moindre remord, nous réussissons malgré nous à court-circuiter la file d’attente informelle. Une fois le dossard et le buff rose offert par l’orga en poche, nous partons à la recherche d’une couche sympathique dans un des dortoirs réservés aux coureurs.
  • Pâtes blanches à l’huile d’olive pour faire connaissance avec nos compagnons de chambrée qui ne jurent que par les bâtons malgré nos arguments massues, ainsi qu’avec Philippe Adams, un comparse de Madres, inscrit sur la grande distance du samedi.
  • Conférence digestive où l’on nous promet de la Saucissport au ravito le lendemain. Mais on n’en verra pas la couleur. Le mystère reste entier. Damien Pauquet nous rassure: la bière d’après-course n’est pas mortelle (elle est même conseillée pour fêter une performance ou éponger la déception d’un DNF. Les dernières études de Guillaume Millet sont formelles, voir ci-dessous).
[youtube http://youtu.be/kBSbJK4hQ0I]

(via videotrail.fr, http://www.videotrail.fr/2012/10/reportage-ultra-trail-ou-les-mysteres-de-endurance-emission-in-vivo-integrale-france-5.html)

  • La nuit est plutôt courte, car certains claquent les portes des chambres dans toutes les langues. Mais cela fait partie du folklore et c’est très agréable de se réveiller littéralement sur place (on ne peut pas mieux dire). Un peu comme au GR73, Ultra Tour du Beaufortain, ou sur l’AMT : impossible de louper le départ, même en cas de panne de réveil.
La décoration de la salle à manger est assez moderne

Samedi (64 km – 1450 m D+)

Samedi matin avant le départ

Pour rejoindre le lieu de départ, le lac de la Gileppe, un bus nous attend à deux pas du gîtes. Le court trajet permet de peaufiner les derniers détails de notre harnachement.

Il y a peu de participants (25 ?), on se retrouve vite seuls en forêt. Tant mieux, c’est pour cela que cette épreuve nous a séduit. Stany et Vincent prennent le large comme d’habitude pendant qu’avec Christophe, nous gérons notre effort en tenant compte de l’épreuve du lendemain.

Avec Christophe, nous nous sommes fixé l’objectif de courir cette première étape très en deçà de nos capacités. Et de ne pas monter au dessus de 150 pulsations (ou équivalent), sauf dans les côtes, mais sans jamais avoir la sensation de fournir un effort soutenu. De mon côté, je m’efforce à ne pas exagérer dans les descentes dès les premières pentes, et afin de progresser vite et avec aisance partout ailleurs. C’est une formule qui fonctionne bien. Il suffit de voir les résultats de Christophe sur les 100 miles de l’Infernal trail des Vosges (8e de mémoire) pour finir de convaincre les derniers sceptiques envers les départs piano. Nous ferons toute le parcours ensemble, avant que je ne prenne involontairement le large à une dizaine de kilomètre de l’arrivée, aux environs de Hockai.

Ci-dessus l’un des passages les plus techniques du samedi

Après quelques kilomètres, nous sommes déjà de retour sur le lieu de départ où se tient le premier ravito. Était-ce bien nécessaire?

Wouter Hamelinck et Christophe Wislet

Nous poursuivons notre progression vers le Château de Franchimont. J’y retrouve mon crew aisni que la famille de Stany qui viennent de le louper pour la première fois de la journée.

Notre progression est constante et aisée. Wouter et Wisti, en tête du 85 km, nous dépassent plus tard dans une côte, à un rythme plutôt tranquille par rapport à l’allure impressionnante de Greg Burtomboy.

Ensuite directement Spa et le lac de Warfaaz où j’y croise mon frère qui a traversé la Belgique pour me voir monter une volée d’escaliers en marchant. Vanessa attend Stany désespérément. Selon mes indics, il viendrait de passer. Pas de chance. N’empêche qu’il avance bien le bougre.

Ouf, nous sommes bien en Ardenne

Le dénivelé commence à poindre le bout de son nez et le point culiminant du jour, près de Sart.

Hockai

Petite anecdote : à deux kilomètres de l’arrivée, Wouter, pourtant longtemps dans le trio de tête, progresse en marchant le long de la nationale. Je le dépasse pour la première (et dernière?) fois en course. Il faut dire qu’il ne participe pas à la même distance (aurais-je dû taire ce détail?)…

Si le parcours du samedi est moins sauvage que celui sur dimanche, il n’en reste pas moins très varié. Le dénivelé annoncé est comme d’habitude largement surestimé et est concentré essentiellement sur la fin du parcours. Dommage que les ravitos arrivent trop tôt dans la course et que le dernier soit si loin de la ligne d’arrivée. Niveau balisage, c’était parfait: toujours très bien placé et évident.

Haut lieu de pélerinage local

Mon pied gauche est douloureux, j’ai beau boire une ou deux bières, rien n’y fait.

À peine ai-je le temps remplir ma poche à eau pour le lendemain que je sombre dans un sommeil profond. Il est à peine 20h. À 22h, je me réveille en sursaut et descend dans le hall. Il n’y a plus un bruit dans l’auberge. Tout le monde dort sauf  un type qui semble encoder des résultats. L’ambiance est totalement différente de la veille.

Dimanche (37 km 1150 m d+)

Au réveil, les pieds sont douloureux. Je suis presque incapable de chausser la paire de Pure Grit  prévue en raison de l’élastique sur le coup de pied, je me rabats sur le modèle de la veille, humide et crasseux mais surtout déchiré de part en part. Je ne m’en apercevrai que trop tard hélas. J’hésite à prendre le départ, mais je fais le pari que la douleur disparaitra après quelques kilomètres.

Encore endormi, sur le chemin de la table du petit-déjeuner, je croise le docteur ès tendinite du pieds Vincent Tassiaux qui m’explique que mes douleurs sont certainement dues à une « tendinite des extenseurs ». A ce moment là, je ne vois aucune contre-indication à l’auto-médication et je saute dans le car qui nous dépose au barrage de Robertville.

Le parcours est d’emblée magnifique, avec ces fameuses crêtes de la Warche avant d’arriver à Malmedy pour y emprunter le parcours du championnat de Belgique de course de montagne (sic).

D’emblée, je ne suis pas à l’aise et avec Stany, nous formons un duo d’éclopé qui ne pense qu’à une chose: abandonner au premier ravito venu. Il tiendra sa promesse à Malmedy, mais têtu, je tenterai l’aventure…

C’est reparti sur les hauteurs de Malmedy. sur une portion inconnue en lacets interminable dans des bois très accidentés.

Je sais que je n’irai pas au bout. Je me mets donc en tête de rattraper Christophe dans cette portion. Mais les descentes sont un supplice et je dois redoubler d’effort dans les côtes. Finalement, j’arrive à sa hauteur et lui explique la situation. je le laisse s’éloigner d’un bon rythme tandis que je sors l’appareil photo pour que cette lente progression serve au moins à quelque chose. Je m’attache aux détails du paysage, je prends le temps de cheminer sans pression.

J’y prends tellement goût qu’une fois arrivé au ravito suivant, je décide de poursuivre encore, pour m’enfoncer dans la Fagne. Je recours aisément, mais cela ne fait que retarder mon abandon. Rapidement, l’allure change et c’est de nouveau, clopin clopant que j’avance sjusqu’au ravito suivant.  Grosse douleur au pied gauche, puis au pied droit. Incapable de marcher ou de courir sur le plat et en descente. Je compense en courant tout ce qui grimpe. Cela tient un temps, mais vers le 30e, je dois me rendre à l’évidence et je monte dans ma propre voiture balais.

Sur la ligne d’arrivée, je déguste une bière vaguement locale en attendant Christophe, qui ne tardera pas à arriver, conformément à mes prévisions. Encore très en forme, il termine 5e de l’épreuve du dimanche! Dommage qu’aucun classement sur les deux jours n’ait été établi pour le Trail des Barjots, car il aurait terminé sur le podium. Une piste d’amélioration pour l’an prochain?

Deuxième round : man vs. dog

Pour ceux qui suivent l’évolution du championnat…
Le round I, c’était ICI

Dimanche 58 km

Le premier (unique?) château du dimanche
Ah non…
Insigma franchit le premier ponton du jour

Parcours du samedi

Parcours (partiel) du dimanche

Classement

Dommage qu’aucun classement général sur les deux jours n’était prévu pour le trail des Barjots, car Christophe D. aurait terminé sur le podium. Il a géré avec brio ces deux journées de course et est arrivé au bout, ce qui n’est pas le cas de tous les inscrits sur les deux jours, et j’en suis le meilleur exemple.

Ailleurs

Récit d’Insigma (même combat le dimanche), qui a vécu ce trail en famille ou presque : http://insigma.free.fr/blog/index.php/grand-trail-des-lacs-et-chateaux-jalhay-be

Photos

2012-05-12 GTLC- Barjots du Samedi
2012-05-13 GTLC – Barjots du dimanche (36 km)
2012-05-12 GTLC – Crew et photographes

Les traces GPS sur Garmin connect :

http://connect.garmin.com/activity/179211281

http://connect.garmin.com/activity/179211351

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